"Le bouddhisme est un mode de vie par lequel nous développons les qualités de notre esprit.
C’est un mode de vie très particulier, car c’est une façon d’atteindre le bonheur
sans nuire à autrui."

LE XVIIe GYALWA KARMAPA, TRINLEY THAYÉ DORJÉ

Revue "Tendrel"

Retrouvez sur cette page des enseignements parus dans la revue "Tendrel" éditée par Dhagpo Kagyu Ling jusqu'en 2002.

Quelques aspects du sens du mot lama - Lama Guendune Rinpoché
Extrait du Tendrel n°5

II est dit que même si l'on est érudit dans les Ecritures, expert en philosophie, doué d'une intelligence aiguë, doté de grandes capacités de compréhension et d'analyse, aucune de ces qualités ne nous permettra de réaliser l'état ultime, le Mahamoudra. La reconnaissance du Mahamoudra est dite dépendre uniquement de la grâce du lama.

Le lama n'est pas la personne ordinaire : intérieurement, ensemble d'agrégats vénéneux, d'émotions, enrobé de chair et d'os et recouvert au dehors d'ornements et de soieries fines. Le lama auquel il est fait référence décrit quelque chose d'inconcevable, dont la dimension ne peut être appréhendée par la pensée intellectuelle. C'est le cœur de compassion, issu de la nature de la vacuité, clarté et manifestation inentravées ; c'est ce qui cause et inspire la prière et par la prière individuelle est capable d'introduire en chacun la grâce.

Le lama, c'est celui qui est capable de transférer aux autres le Bouddha et la sagesse de la réalisation prenant origine en Dordjé Tchang et transmise jusqu'à ce jour par un rosaire d'or, courant de bénédiction intact ; tout comme le contenu d'un vase est versé dans un autre sans interruption, sans qu'aucun des liens sacrés soit endommagé.

Pour prier le lama, il est nécessaire de développer un état de vision pure où le lama n'est plus considéré comme un être ordinaire, mais comme un véritable bouddha. Même si son lama est une personne commune, le disciple qui prie vers lui avec une grande foi, parfaitement convaincu qu'il est un vrai bouddha, par la puissance de sa conviction, toutes les bénédictions des Bouddhas s'uniront en ce lama et il recevra leur grâce.

Lorsqu'on prie ou médite son lama-racine, on doit l'imaginer sous la forme de Dordjé Tchang. Pourquoi est-ce nécessaire ? Si chacun méditait son lama sous sa forme humaine, il risquerait de le considérer comme un homme ordinaire et par cette vision ne pourrait recevoir que l'influence spirituelle d'un ami spirituel, pas celle d'un bouddha. En représentant le lama sous l'aspect du dharmakaya Dordjé Tchang, la pensée que le lama est une divinité, un bouddha, crée une aspiration spirituelle chez le disciple, lui permettant de s'ouvrir à la grâce.

Même si le disciple est en présence d'un lama qui a développé une sagesse et une réalisation égales à celles d'un bouddha, s'il l'invoque comme un être ordinaire, il ne recevra que la bénédiction d'un conseiller spirituel, pas la grâce d'un bouddha.

Nombre de gens se disent : " Il me faut savoir qui est mon lama-racine ; comment le trouver ? ". En fait , cette décision est l'affaire personnelle de chacun. Le lama qui nous enseigne, celui avec qui on est en relation, celui qui fait naître en nous la joie, c'est le lama de connexion karmique et c'est souvent le signe que nous l'avons déjà rencontré en des existences antérieures. Le mieux à faire est de trouver le lama avec qui on a une telle connexion et de le considérer comme son lama-racine.

Si le lama affirmait : "Je suis votre lama, vous êtes mon disciple ", il se pourrait qu'il cherche un profit pour lui-même, un succès personnel. C'est pourquoi c'est au disciple qu'il convient de choisir. Comme il est dit: " Le lama est le lama de tous, par la dévotion individuelle, il devient son lama . "

Une erreur courante consiste à penser qu'il faut demeurer tout le temps auprès du lama. Si la foi est absente, même en restant avec lui, c'est comme s'il n'était pas là. Mais si foi il y a, là où est la foi, là est le lama. Tout comme la lune se reflète dans l'eau, où qu'on imagine le lama, il est clairement présent. Si on pense que le lama réside au sommet de sa tête, il y est, ou qu'il demeure dans la gorge ou dans le cœur, il y est. Où que vous l'imaginiez, il est présent. C'est ce qu'explique le terme " inconcevable ". Lorsque la lune est dans le ciel, toutes les étendues d'eau en reflètent l'image ; quelqu'en soit le nombre, toutes en portent le reflet. Il faut aussi éviter de vénérer un lama en rejetant tous les autres. Quand vous priez votre lama-racine, pensez qu'il est indifférencié de tous les autres : " Dans l'espace de la connaissance, tous les bouddhas sont un. " 

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