"Le bouddhisme est un mode de vie par lequel nous développons les qualités de notre esprit.
C’est un mode de vie très particulier, car c’est une façon d’atteindre le bonheur
sans nuire à autrui."

LE XVIIe GYALWA KARMAPA, TRINLEY THAYÉ DORJÉ

Revue "Tendrel"

Retrouvez sur cette page des enseignements parus dans la revue "Tendrel" éditée par Dhagpo Kagyu Ling jusqu'en 2002.

 

Allocution de Shamar Rinpoché, prononcée lors de sa venue en
Europe en Juin 1982, à l'Institut d'études bouddhistes Kama-
lashila , Allemagne fédérale.

Le Karmapa n'est plus parmi nous, mais nous souhaitons
qu'il revienne bientôt. Notre tâche consiste maintenant à accom-
plir le souhait qui lui tenait à coeur, en créant des centres du
Dharma qui permettent aux Enseignements du Bouddha de se
répandre.
Quelle est la teneur réelle de ce souhait ? C'est de diffuser le
Dharma le plus largement possible afin que les gens puissent le
rencontrer, le mettre en pratique et en recueillir les bienfaits.
La diffusion du Dharma n'a pas pour but de permettre au
Karmapa ou à son administration de contrÙler les êtres de ce
monde, ni d'assurer à quelques personnes un pouvoir sur les
autres. Nul bienfait ne peut résulter d'une propagation du
Dharma basée sur ces raisons. Si le Dharma est le fondement de
notre action, alors la recherche du pouvoir est hors de question.
Tous les enseignements du Bouddha énoncent que la saisie de
l'ego doit décroÓtre, si nous essayons de répandre le Dharma
tout en restant attachés à des idées égoîstes, aucun des bien-
faits de cette diffusion ne pourra se manifester. Par contre si
cela est fait de la manière juste, tous les effets positifs appa-
raÓtront. Je n'ai pas besoin de les détailler, ils vous sont fami-
liers à tous.
Des centres du Dharma ont été créés à travers toute l'Europe
afin d'être accessibles aux gens de toutes régions, non pour éta-
blir des sectes, des groupes ou des partis concurrents.
Quel est la raison d'être de tous ces centres ? Rien d'autre
que de mettre le Dharma authentique à la portée des gens.
Par conséquent, il ne doit y avoir ni rivalité ni jalousie entre les
différents centres. Des pensées telles que : " Ceci est un très
bon centre très fort et qui va bien ou celui-ci est faible et pas
très bon n'ont rien à faire ici.
Si nous voulons que le Dharma se propage avec succès,
il faut que les centres cherchent leur bien commun et soient
solidaires tes uns des autres. Nous ne devons pas considérer les
centres comme des entités distinctes ou indépendantes.

Il existe maintenant une administration centrale : Interna-
tional Kagyu Head Quarters , basée à Rumtek dont le rôle est
de veiller sur les centres Kagyupa, de leur envoyer des lamas et
de s'assurer que le Dharma est correctement diffusé. Pourquoi
ceci ?
Il n'y a qu'un Dharma et qu'un but. Bien que le chemin soit
un, il existe différentes méthodes et différents moyens de le par-
courir depuis le point de départ Jusqu'au terme. Ces méthodes
et ces moyens sont .enseignés par quelqu'un qui connaît lui-
même le chemin et guide les autres à partir de sa propre expé-
rience. Ainsi chez les Kagyupa se sont succédés des guides,
depuis Marpa jusqu'à aujourd'hui, qui ont expliqué comment
voyager sur ce chemin depuis le début jusqu'à l'ultime aboutis-
sement, Celui qui accepte de se laisser conduire, pas à pas, par
une telle personne d'expérience, est guidé de façon juste et le
résultat en est toujours bénéfique. Mais si l'on change cons-
tamment de guide, pratiquant la voie Kagyu, puis une autre,
puis une troisième, le'chemin s'en trouvera obstrué, non pas à
cause du Dharma ou du guide mais du fait de ces revirements.
Au Tibet, existaient quatre écoles du Dharma, mais pas qua-
tre Dharma différents. Lorsque Marpa se mit en quête des en-
seignements de Naropa, il reçut la transmission du Maha-
moudra et des Six Yogas, qu'il diffusa ensuite au Tibet. Tsong-
khapa propagea les enseignements pratiqués par les Guélougpa
etc...

L'éveil qui en résulte est exactement le même pour toutes
les écoles et le chemin est aussi le même : c'est celui enseigné
par le Bouddha. La seule différence réside dans les moyens,
mais il est essentiel de ne pas mélanaer les méthodes. Quel que
soit ce que nous entreprenons, nous devrions le mener à son.
terme, sans variation ni mélange. Les quatre écoles se compren-
nent entre elles mais n'interviennent pas les unes sur les autres:
les Kagyupa s'occupent de leurs centres, les Guélougpa des
leurs et ainsi de suite. Il ne devrait pas y avoir de sectarisme.

L'histoire tibétaine a été marquée par des désaccords et des
querelles entre les différentes écoles. Ceci fut le fait de person-
nes ne pratiquant pas le Dharma de façon pure et qui s'enga-
geaient dans la recherche d'un pouvoir personnel où d'une in-
fluence politique. Entre tes érudits et les lamas il n'y a jamais eu
de problèmes.

C'est vous, les occidentaux, particulièrement ceux qui,
possédant une bonne instruction, furent conscients des bien-
faits que pouvait apporter le Dharma et ainsi nous invitèrent à le
répandre en Occident. Mais il est important que le Dharma soit
diffusé de façon pure:. Cela signifie qu'il ne doit pas être le pré-
texte de luttes politiques ou de discordes.

Pour que le Bouddhisme s'établisse avec succès, un autre
obstacle doit être évité : qu'une minorité de gens ayant des
conceptions personnelles du Bouddhisme les greffent sur le pur
Dharma. Par exemple, à l'époque où le bouddhisme était encore
établi en Inde, vivait un moine nommé Mahadeva, professant
beaucoup d'idées de .son cru qu'il mêlait aux enseignements du
Bouddha, Ceci causa la ruine du bouddhisme en Inde. Les rava-
ges causés par les théories sont beaucoup plus destructifs que
ceux causés par les guerres ou autre... Je pense qu'il est tout à
fait possible qu'un tel type de processus soit déjà engagé chez
certains disciples occidentaux.

L'autorité de la lignée Kagyupa, c'est Sa Sainteté Karmapa.
Depuis sa disparition la tâche de veiller sur les centres repose
sur son administration basée à Rumtek, siège officiel de la li-
gnée. La capacité de cet organisme à veiller sur les centres dé-
pend uniquement de la profondeur avec laquelle ceux-ci le
respectent. Si les centres tiennent compte de ses avis, cet orga-
nisme peut les aider, sinon, c'est impossible.

Ma requête personnelle à tous les centres est que chacun uti-
lise son énergie pour s'entraider. Quand les choses vont mal
pour un centre, il faut l'aider à se rétablir. Vous en partagerez
tous les résultats. S'il vous plaît, faites-le.

Dhagpo Kagyu Ling - Landrevie - 24290 Saint-Léon sur Vézère - tél : 05 53 50 70 75 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.