"Le bouddhisme est un mode de vie par lequel nous développons les qualités de notre esprit.
C’est un mode de vie très particulier, car c’est une façon d’atteindre le bonheur
sans nuire à autrui."

LE XVIIe GYALWA KARMAPA, TRINLEY THAYÉ DORJÉ

Paroles du 17e Gyalwa Karmapa, Trinley Thayé Dorjé

Retrouvez l'intégralité des communications du Karmapa disponibles en français
sur le site de la FFCBK (Fédération Française des Centres Bouddhistes Karma-kagyu)

La douleur, le gain et la course pour la vie

Un article de Sa Sainteté Karmapa sur son blog du Huffington Post.

Cet été, le monde a le regard tourné vers Londres afin de célébrer ses athlètes. Pour eux, le dicton «sans peine, point de gain» fait partie du chemin vers l’excellence. Quant au reste d’entre nous, nous pourrions nous demander si toute cette douleur est nécessaire. La vie ne serait-elle pas beaucoup plus facile si nous n’avions que du gain ?

Personne ne veut de douleur ni de crises mais dans la vie, nous sommes inévitablement confrontés à de telles expériences. Elles font partie de la vie en général – il n’est pas de vie sans douleur. En effet, dans une perspective bouddhiste, le dicton «sans peine, point de gain» est plein de vérité, bien que ce ne soit pas exactement au sens où on l’on entend habituellement.

Comment faire pour que cela marche pour vous

Si nous savons utiliser notre sagesse pour faire face à la douleur et aux difficultés auxquelles nous sommes confrontés, de telles expériences sont susceptibles de nous aider à développer une compréhension accrue  des choses ainsi que de la richesse intérieure.

1. Acceptez le fait que la douleur fait naturellement partie de la vie : de temps en temps, nous éprouvons de la douleur, des émotions bouleversantes et des crises, pour la simple raison qu’elles font partie de notre existence humaine.

C’est pourquoi, lorsque nous comprenons que quels que soient nos efforts, il ne nous est pas exactement  possible d’éviter de telles expériences, nous pourrions aussi bien les accepter et en apprendre quelque chose. Quel que soit l’effort que nous fournissons pour essayer d’éviter l’inévitable, lorsque nous acceptons et tentons de comprendre les expériences douloureuses, nous pouvons apprendre et grandir.

2. Peine et joie sont – telles la lumière et l’obscurité – les deux revers de la même médaille. Elles sont interdépendantes et inséparablement liées l’une à l’autre. Lorsque l’on peint un tableau ou que l’on prend une photo, s’il n’y a ni lumière ni obscurité, il n’y a ni image ni tableau. C’est précisément le contraste entre lumière et obscurité qui leur confère beauté et couleur.

De même, puisque nous avons une vie, il ne sert à rien de dire que nous voulons une vie sans problèmes ni crises. Cela reviendrait à dire que nous voudrions une image sans lumière ni obscurité. Pour aller plus loin dans le raisonnement, dans cette perspective, la vie elle-même semble dépendre de la mort, elle aussi. Il n’y a pas de vie sans mort – et vice versa, également.

Le comprendre peut vraiment nous aider à apprécier cette expérience qu’on appelle la vie – et à apprécier les opportunités que nous avons pour nous aider et aider les autres.

3. Réveillez-vous et ouvrez les yeux : chaque fois que nous sommes confrontés à une crise et que nous lui appliquons notre sagesse, la douleur a cette capacité de nous rendre conscients de notre état physique et mental – comme une sorte de sonnette d’alarme. Même si nous ne sommes pas tout à fait heureux de ressentir de la douleur, nous pouvons alors trouver un moyen d’apprécier l’expérience. Plutôt que de porter exclusivement notre attention sur notre souhait de nous débarrasser de la douleur aussi vite que possible, nous sommes capables d’extraire de ces émotions quelque chose qui a du sens.

Nous avons tous un esprit, et il n’y a pas d’esprit sans sagesse. Utilisons notre sagesse de manière sensée afin de voir la nature de la vie plutôt que de l’utiliser pour voir un tableau sans ombre ni lumière.

Cependant, afin de faire émerger notre sagesse intrinsèque, il nous faut vraiment nous accorder un moment pour contempler. En extrayant de notre esprit tout ce qui est utile, nous pouvons nous aider nous-mêmes et aider les autres. Nul besoin de soulever des montagnes. C’est très simple – il nous suffit de partager notre expérience.

Lorsque nous envisageons la douleur comme faisant partie de la mosaïque de nos expériences existentielles, nous nous enrichissons d’une nouvelle perspective de la vie et du monde – et nous avançons ensemble dans la course de la vie.

 

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