"Le bouddhisme est un mode de vie par lequel nous développons les qualités de notre esprit.
C’est un mode de vie très particulier, car c’est une façon d’atteindre le bonheur
sans nuire à autrui."

LE XVIIe GYALWA KARMAPA, TRINLEY THAYÉ DORJÉ

La nature de bouddha - Approfondissement n°2

Khenpo Ngédeun - Extrait du livret "La nature de bouddha - Approfondissement n°2" - Août 2011

"Pour comprendre véritablement la nature de bouddha, le tathagatagarbha, il est important de ne pas tomber dans deux extrêmes erronés : la compréhension limitée de la vacuité comme néant d’une part et la croyance en l’existence véritable des phénomènes, d’autre part. De manière générale, dans les écoles kagyü et nyingma, la compréhension de la nature de bouddha inclut les enseignements sur la Prajnaparamita, c’est-à-dire que l’essence de la nature de bouddha est la vacuité, libre de toutes les élaborations. C’est ce qui est expliqué dans les Stances de la voie médiane de Nagarjuna. L’exemple donné est celui du ciel pur, libre de tous les obscurcissements, des nuages, etc. De plus, la nature de bouddha est à la fois vacuité et qualités, elle est l’union de ces deux aspects.

Cet enseignement sur la nature de bouddha comprend les deux aspects, d’une part la vacuité, telle que l’ont enseignée Nagarjuna et d’autres maîtres, à partir des soutras de la Prajnaparamita, et d’autre part la clarté, l’aspect de qualités, enseignée dans les soutras du troisième tour de roue et les cinq traités de Maitreya, notamment le Gyü Lama et le Dharmadharmatavibhanga. Le Nyingpo Tenpa enseigne l’union de la clarté et de la vacuité ; c’est ce que l’on appelle la luminosité incomposée.

Le tathagatagarbha est enseigné dans le Gyü Lama. Il existe de nombreux commentaires sur ce traité, composés par exemple par Jamgön Kongtrul Lodrö Thayé, Taranatha ou Mipam Rinpoché. Si l’on n’a pas le temps d’étudier ces traités en détail et d’y réfléchir, l’étude d’un traité comme celui de Rangjung Dorjé, plus court que le Gyü Lama, permet de comprendre plus facilement le sujet de la nature de bouddha.

L’enseignement sur la nature de bouddha tel qu’on le trouve dans le Nyingpo Tenpa ou le Gyü Lama est considéré par de nombreux maîtres comme la liaison, le pont, entre l’enseignement des soutras et celui des tantras. Lorsqu’on pratique le vajrayana, une compréhension de ce sujet est indispensable. En effet, dans le vajrayana, il est nécessaire d’avoir une compréhension de la nature de l’esprit, c’est-à-dire de l’union de la clarté et de la vacuité, cette luminosité incomposée du dharmadhatu. C’est pour cette raison, entre autres, que, dans le Gyü Lama, il est dit que le fait d’étudier la nature de bouddha et d’y réfléchir apporte un bienfait incommensurable. C’est vraiment un point clé sur la voie.

 De nombreux maîtres ont souligné que pour parvenir à une bonne compréhension de la nature de bouddha il faut d’abord avoir une bonne compréhension du madhyamaka, et plus précisément du madhyamaka prasangika, c’est-à-dire de la réalité telle que l’ont décrite par exemple Nagarjuna ou Chandrakirti. Il est donc important de comprendre d’abord le madhyamaka, puis d’étudier la nature de bouddha enseignée dans le troisième tour de roue. Mipam Rinpoché, maître tibétain du XIXe siècle, a beaucoup insisté sur cette nécessité. C’est pourquoi le Bouddha a donné d’abord le deuxième tour de roue, puis le troisième ; il s’est adapté aux besoins et aux capacités de ses disciples. Il a commencé par enseigner l’absence d’essence du soi, puis l’absence d’essence des phénomènes et enfin la nature de bouddha. Si l’on ne comprend pas l’absence de caractéristiques telle qu’elle est enseignée dans le second tour de roue, on risque de faire des erreurs dans la compréhension de la nature de bouddha.

On retrouve cet ordre dans le chemin du dzokchen. Dans ce chemin, pour parvenir à une réalisation de la vue ultime, il y a deux méthodes principales : trekchö et tögal. Généralement, les méthodes de trekchö sont basées sur la pureté, c’est-à-dire l’aspect de vacuité tel qu’il a été expliqué par Nagarjuna et développé dans l’école du madhyamaka. La pratique de tögal est, quant à elle, basée principalement sur la compréhension de la luminosité incomposée, ou clarté, l’aspect de sagesse que l’on appelle rikpa. Dans le dzokchen, on retrouve donc cet ordre, tout d’abord la méthode de trekchö, puis de tögal. Trekchö est ce qu’on appelle la pureté, le fait que, depuis des temps sans commencement, les phénomènes sont de nature pure, sont vacuité. L’enseignement du tögal est basé sur la « spontanéité », lundrup, ce qui fait référence à la luminosité incomposée.

Dans la lignée kagyü, l’enseignement principal est le mahamudra. Il y a bien sûr différentes façons d’enseigner le mahamudra. De manière générale, cependant, l’introduction à la nature véritable de l’esprit dans le mahamudra se fait en quatre étapes. La première est l’introduction au fait que toutes les apparences sont de la nature de l’esprit, la seconde au fait que l’esprit est vacuité. Ces deux premières étapes sont l’aspect de pureté originelle, telle qu’elle est expliquée dans les Stances de la voie médiane de Nagarjuna et l’Entrée au milieu de Chandrakirti. Les deux dernières étapes sont l’introduction à la vacuité spontanée et l’introduction au fait que cette spontanéité est autolibératrice, qu’il s’agit d’une libération spontanée. Ces deux étapes correspondent à l’enseignement du tögal, c’est-à-dire à l’enseignement sur la nature de bouddha, sur l’aspect de clarté (des qualités) de la nature véritable de l’esprit. On voit ainsi que le dzokchen, le mahamudra, les soutras, les traités, etc. suivent tous cet ordre, nous guidant d’abord vers une compréhension de la vacuité, puis vers celle de la nature de bouddha.

Il y a ainsi différents moyens pour parvenir à cette compréhension, mais le but est le même. Il est important de parvenir à une compréhension de ce qu’est la nature de bouddha puis d’en acquérir une connaissance définitive. Sur cette base, on peut ensuite méditer, c’est-à-dire mettre en pratique cette compréhension sans laquelle il est difficile d’éviter un certain nombre d’erreurs, de fourvoiements."


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