"Le bouddhisme est un mode de vie par lequel nous développons les qualités de notre esprit.
C’est un mode de vie très particulier, car c’est une façon d’atteindre le bonheur
sans nuire à autrui."

LE XVIIe GYALWA KARMAPA, TRINLEY THAYÉ DORJÉ

Suite de l'explication détaillée de la pratique d'Amitabha - partie 3

Lama Tréhor - Extrait du livret "Amitabha, 3e partie" - Juin-Juillet 2012

 

Nous pratiquons toujours le Dharma en lien avec l’expérience du bonheur ou de la souffrance. Notre expérience du bonheur ou de la souffrance est le fruit de certaines causes et conditions mises en œuvre dans cette vie, qui peuvent avoir un effet dans cette vie-ci ou dans une vie future. En résumé, nous parlons ici de vertu ou de non-vertu, d’actes positifs ou négatifs qui génèrent un fruit analogue. Le Dharma consiste aussi à mettre en place des remèdes pour nous éviter d’avoir à expérimenter le fruit de nos actes négatifs, de notre non-vertu. Attendre simplement que les choses se passent n’est pas la pratique du Dharma. Pratiquer le Dharma, c’est aussi à un moment donné trouver des ressources, des remèdes pour contrebalancer toutes nos négativités. Prenons un exemple très grossier. Nous commettons un acte très négatif et nous comprenons que, du fait de la logique de la loi de causalité, nous allons forcément reprendre naissance dans un monde inférieur comme les enfers. Nous pouvons alors nous dire : « Je sais ce qui m’attend, je vais devoir reprendre naissance dans les mondes inférieurs, j’ai conscience de ce que j’ai fait. » Nous nous disons cela avec courage, mais aussi avec peur. Ce n’est pas cela le Dharma. Nous pouvons être conscients des choses et mettre tout en œuvre, dans le temps que nous avons, pour ne pas à avoir à reprendre naissance dans les mondes inférieurs.

Dans le bouddhisme, bien sûr, on parle du karma – le fait que des actes génèrent des fruits. Ceci est une réalité, mais cette réalité n’est pas inéluctable ; à chaque instant, nous sommes acteurs de nos actes et de nos choix. Il faut voir le Dharma comme un remède. Imaginons, par exemple, qu’en temps de guerre un pays adverse envoie un bombe destinée à exploser sur notre sol. Soit on regarde la bombe arriver et on attend qu’elle détruise tout, soit on trouve vite une solution pour qu’elle explose en route et qu’elle n’ait pas l’effet fracassant qu’elle aurait dû avoir. Le Dharma, c’est cela : arriver à utiliser les remèdes pour ne pas avoir à expérimenter le plein effet de nos actes.

On peut parler encore une fois de ces deux types d’expérience que sont le bonheur et la souffrance. Pour ce qui est du bonheur, nous ne savons même pas l’apprécier.
Les situations qui pourraient être des bonheurs simples et authentiques, nous nous y attachons immédiatement et tombons dans une sorte de soif qui fait que nous ne pouvons même pas les apprécier comme étant du bonheur, puisque nous en faisons quelque chose d’autre. Nous tombons dans le désir, l’attente, la soif et, même dans les situations heureuses, nous n’expérimentons pas de bonheur authentique. C’est la peur qui prend place, la peur de perdre cette expérience.

Puis, à un moment donné, nous entendons les instructions du Dharma et nous avons peur qu’elles ajoutent encore plus de souffrance, qu’elles nous enlèvent quelque chose, alors que le Dharma est là au contraire pour nous aider à éliminer toutes nos peurs, toutes nos souffrances. C’est cela qu’il faut vraiment intégrer.

Prenons un exemple pour montrer comment nous détruisons notre propre bonheur par notre attitude intérieure. Nous sommes en vacances dans un endroit magnifique, un endroit paradisiaque, calme et beau. Nous sommes entourés de merveilleuses choses, nous n’avons rien d’autre à faire que nous reposer et apprécier ce lieu merveilleux ; nous éprouvons un bien-être physique, nous sommes détendus, on s’occupe de nous, nous n’avons rien à faire. Et pourtant, qu’est-ce qui s’élève tout de suite en nous ? Le regret de ne pouvoir avoir plus encore, parce que cela ferait trop cher, de ne pouvoir rester qu’une semaine au lieu de trois, etc. L’insatisfaction s’élève et nous sabotons nous-mêmes notre propre bonheur.

Dans le Dharma, le bonheur est présenté comme une qualité, quelque chose de bénéfique. Nous ne savons pas apprécier les instants de bonheur. Si, par exemple, nous savions apprécier cet instant de bonheur offert dans un lieu magnifique, nous pourrions vraiment expérimenter un bonheur authentique, en être imprégnés. Mais nous gâchons ce bonheur. C’est un peu comme avoir faim, ne pas prendre le temps de cuisiner et manger le repas à moitié cuit. À un moment donné, nous ne savons pas apprécier la situation et nous sabotons nous-mêmes ces instants de bonheur.

Par contre, quand il s’agit d’une situation défavorable, nous faisons l’inverse : nous multiplions par dix sa réelle gravité. Par exemple, si nous avons un petit souci de santé, que nous ne nous sentons pas très bien sans que cela soit forcément grave, nous saisissons tout de suite ce malaise et voulons nous en débarrasser au plus vite en nous demandant pourquoi nous nous sentons ainsi, etc. De quelque chose qui en soi n’est pas si grave et passerait très vite, nous faisons un gros problème, dix fois plus préoccupant qu’il n’est. Certes, personne ne peut subjuguer la maladie ; nous rencontrerons tous à un moment ou à un autre des problèmes de santé, mais là nous nous disons aussitôt en notre for intérieur : « C’est peut-être grave, j’ai peut-être un cancer. » La souffrance générée est plus importante que ne le voudrait le petit malaise rencontré.

 


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