"Le bouddhisme est un mode de vie par lequel nous développons les qualités de notre esprit.
C’est un mode de vie très particulier, car c’est une façon d’atteindre le bonheur
sans nuire à autrui."

LE XVIIe GYALWA KARMAPA, TRINLEY THAYÉ DORJÉ

Renaître à Sukhavati

 Quatre causes permettent de renaître en la terre pure de Sukhavati (Dewachen en tibétain)
Kunzig Shamar Rinpoché
- Extrait du livret "Amitabha, 1re partie" - Déc. 2009

La première cause consiste à développer la pensée de l’éveil, ou bodhicitta, par la prise des vœux de bodhisattva.

La deuxième cause est de penser à la terre pure d’Amitabha et à Amitabha lui-même. Cela consiste à visualiser sa terre pure, puis le Bouddha Amitabha avec son entourage : les deux grands bodhisattvas Avalokiteshvara et Vajrapani, et ensuite, autour d’eux, tous les bouddhas et bodhisattvas ainsi que toutes les perfections de la terre pure de Sukhavati, comme la naissance des êtres au sein de lotus magnifiques, etc. Il s’agit de se familiariser avec la description de cette terre pure ; de nombreux soutras en donnent une représentation claire, notamment les Soutras de la terre pure. Maintes traductions chinoises ont été effectuées, qui elles-mêmes ont été l’objet de traductions en langues occidentales*, vous pouvez vous y référer.

La troisième cause qui permet la renaissance dans la terre pure de Sukhavati réside dans l’accumulation de mérite ainsi que dans la confession des méfaits à travers la pratique en sept branches. Cette prière permet d’accumuler du mérite au travers de sept pratiques, l’une d’elles étant la confession, qui peut être effectuée de différentes façons.
Afin de confesser les méfaits, nous utilisons comme support le Bouddha Amitabha et son entourage de bodhisattvas et de bouddhas, en pensant à toutes les négativités accomplies par le biais du corps, de la parole et de l’esprit depuis nos vies passées jusqu’à aujourd’hui, sous l’influence des trois poisons et des afflictions. Quel que soit le méfait accompli, nous le confessons en le regrettant. Si un acte négatif, aussi insignifiant soit-il, n’est pas purifié, sa pleine maturation peut se traduire par une renaissance dans une existence infernale. Lorsqu’une petite négativité est accomplie, il s’agit d’éprouver un remord sincère et d’avoir le souhait de la confesser du plus profond de l’être. Certaines traditions soutiennent que cela n’est pas nécessaire, mais il n’existe pas d’autres méthodes pour se purifier d’un méfait que de donner naissance à un remord sincère, un regret venu du plus profond du cœur.
L’objet de l’antidote, le support, est le Bouddha Amitabha avec son entourage. Emplis d’un profond regret, nous reconnaissons les actes négatifs accomplis et promettons de ne pas les reproduire. Cependant, si cela devait arriver, nous promettons de les reconnaître et de les confesser au plus vite.
Les négativités proviennent principalement des tendances stockées dans l’esprit. L’utilisation de l’antidote purifie ces différentes tendances. Sa force contre les méfaits réside, par exemple, dans l’accomplissement de la vertu. Une grande accumulation d’actes vertueux est une force qui purifie des conséquences des méfaits accomplis.
De nombreuses méthodes de confession existent, comme la pratique qui prend pour support les trente-cinq bouddhas ou encore celle de Vajrasattva.

La quatrième cause est la pratique de la réversion des mérites, ou dédicace, et l’aspiration qui l’accompagne. La pratique des souhaits du Bodhisattva Samantabhadra, nommée le Bhadracarya, contient à la fois la réversion des mérites pour le bien de tous les êtres sensibles et la formulation des souhaits et aspirations des bodhisattvas dans le but de renaître dans la terre pure de Sukhavati. Cette pratique a été composée par le Bodhisattva Samantabhadra afin de permettre aux êtres de renaître en cette terre pure.

Si vous vous entraînez à développer ces quatre pratiques dans votre vie ou accomplissez ces quatre causes de votre vivant, vous réaliserez la terre pure de Sukhavati. En effet, ces pratiques laissent sur le continuum de votre esprit l’empreinte de la terre pure de Sukhavati ; si vous vous entraînez ainsi votre vie durant, au moment de la mort, vous serez amenés à percevoir directement la terre pure de Sukhavati sans avoir à traverser l’état intermédiaire – bardo. Lorsque la perception de cette vie présente s’épuisera et commencera à disparaître, apparaîtra alors la perception de la terre pure de Sukhavati, c’est-à-dire la perception du Bouddha Amitabha et de son entourage de bouddhas et de bodhisattvas.
Le corps obtenu dans la terre pure de Sukhavati est semblable à l’apparence du sambhogakaya d’un bouddha, en cela qu’il est merveilleux. Il n’existe pas, en effet, de distinctions entre corps mâles et femelles comme dans notre monde actuel. Le corps obtenu dans cette terre pure est libre de cet aspect. Nul besoin d’un père et d’une mère pour prendre naissance en ce champ pur, il s’agit d’une apparition miraculeuse au sein d’un lotus. Dans notre monde actuel, ce sont les insectes qui naissent dans les fleurs ! A Sukhavati, ni père ni mère ne sont nécessaires pour prendre naissance. C’est la raison pour laquelle il est dit qu’il n’y a pas de femme sur cette terre. Le mot femme fait référence à la personne qui donne la vie, la mère ; c’est en ce sens qu’il faut comprendre ce terme.
Il y a souvent une méprise dans la compréhension du Soutra de Sukhavati. La traduction littérale dit qu’il n’y a pas de femme dans cette terre pure ; les femmes sont souvent blessées par ce propos qui peut paraître machiste et dénigrant, mais il s’agit en fait d’une façon de s’exprimer en tibétain dont la signification vient d’être expliquée : le terme femme renvoie à la notion de personne qui donne la vie. Or la distinction entre sexe mâle ou femelle n’existe pas dans cette terre pure, puisque la naissance ne s’effectue pas de la même manière qu’en notre monde. La perception à Sukhavati est différente de celle de notre monde et le corps alors obtenu est extraordinaire.

Si, durant notre vie, nous parvenons à inclure l’accumulation quotidienne de ces quatre causes et si nous nous entraînons à les développer, au moment de notre décès, lorsque la perception de cette vie s’épuisera, nous percevrons directement la terre pure de Sukhavati, sans les obscurcissements du bardo, et nous y renaîtrons de façon miraculeuse.


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