"Le bouddhisme est un mode de vie par lequel nous développons les qualités de notre esprit.
C’est un mode de vie très particulier, car c’est une façon d’atteindre le bonheur
sans nuire à autrui."

LE XVIIe GYALWA KARMAPA, TRINLEY THAYÉ DORJÉ

Voir l'original sur karmapa.org (anglais) 

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Le 6 août 2019

Le lendemain de la cérémonie d'accueil de Thayé Dorjé, Sa Sainteté le XVIIe Gyalwa Karmapa, et de son fils Thugseyla, l'enseignement du stage d'été à Europe Center, à Immenstadt, était très attendu.

Dès lors, en présence de plus de 6 000 étudiants issus de 40 pays et avec 50 000 étudiants regardant la retransmission en direct, est venu le moment de l’enseignement de Karmapa sur les 37 pratiques des bodhisattvas.

Enseignement sur les 37 pratiques des bodhisattvas

Karmapa a commencé par donner une explication complète et magnifique sur le sens du refuge et de la bodhichitta. Ces deux aspects, explique Karmapa, sont la base même du chemin d'un bodhisattva (un être doté d’un grand courage). Bien qu'ils soient présentés comme deux étapes différentes, ils sont en fait inséparables : il n'y a pas de prise de refuge sans génération de la bodhichitta, et vice-versa.

Après plus de deux heures d'introduction, Karmapa a souri et dit : « C'est peut-être le bon moment pour ouvrir le livre ! »

Karmapa a lu les premiers versets du texte bouddhiste racine de Tokmé Zangpo, datant du XIVe siècle. Karmapa a expliqué que, si le style de présentation était déterminé par l’époque et le public que l'auteur voulait atteindre, les enseignements étaient intemporels et jamais « démodés ».

Karmapa a donné le lung (lecture rituelle) en lisant tout le texte en tibétain, puis il a expliqué que ce qui était expliqué dans les premiers versets du texte se résumait finalement à la pratique du lâcher prise.

Comme lors de la cérémonie d'accueil de la veille, l'ambiance était joyeuse : des enseignements puissants et profonds, entrecoupés d'éclats de rire.

Le soir, s’est tenu un dîner festif avec lama Ole, son équipe et des invités.

Initiation de Tchenrezi (Avalokiteshvara)

Le matin du 4 août, plus de 7 500 étudiants étaient rassemblés sous la tente à Europe Center, suite à un afflux nocturne de sympathisants qui avaient voyagé toute la nuit pour recevoir l’initiation d'Avalokiteshvara (Tchenrezi), l'aspect de bouddha représentant la compassion éveillée.

Karmapa a pris le temps d'expliquer les visualisations des différentes étapes, ainsi que leur signification profonde.
Une fois encore, l'atmosphère était joyeuse. Après l’initiation, tout le monde s’est aligné et Karmapa a distribué le nectar avec le bumpa (vase rituel) à tous les participants. Lama Ole a béni les étudiants avec la torma rituelle.

La bénédiction a duré plusieurs heures. Une fois Karmapa revenu sur son trône, il a conclu le rituel et s'est adressé au public, en expliquant le sens de la phase de dissolution, durant laquelle la présence éveillée, Tchenrezi, ainsi que sa terre pure, sont dissoutes dans la vacuité.
Karmapa a dit :


La plupart d'entre nous ont l'habitude de commencer quelque chose de nouveau, de faire quelque chose de différent, de créer et de rafraîchir les choses – ce sont des actions quotidiennes, donc nous y sommes habitués.
Mais vraiment observer un processus où les choses commencent lentement à se dissoudre, à dégénérer – ce sont des mots qui peuvent sembler déprimants. Mais en fait, il n'y a rien de vraiment déprimant à ce sujet – il s’agit simplement du changement, de la transformation.

Donc, si nous avons appris ou compris quelque chose de notre pratique, c'est là qu'intervient notre courage : le courage avec lequel nous sommes capables d'affronter ces aspects dégénératifs, ces aspects changeants, ces aspects de transformation.

Tant qu'il y aura cette impulsion ou cette force appelée compassion, alors le courage viendra automatiquement. Ensuite, nous utilisons ce courage pour examiner tous les aspects changeants – les quatre aspects de la vie : la naissance, le vieillissement, la maladie et la mort. Nous utilisons soigneusement notre courage pour voir ces transformations, ce qui crée l'atmosphère, l'occasion de gagner ce que l'on appelle l’éveil.

La vérité, c'est que nous n'avons pas à avoir peur quand nous lâchons prise, quand nous dissolvons tout jusqu'à la dernière particule. Il n'y a pas de quoi s'inquiéter – la vérité est que, si les conditions correctes sont réunies, tout reviendra ; la terre pure, la manifestation pure de Tchenrezi, tous les plans ou champs de bouddha apparaîtront comme auparavant.

Il n'y a donc pas de fin ni de point final. C'est peut-être un peu abstrait, mais si je le dis de manière moins formelle, cette expérience que nous appelons la vie, toute importante ou insignifiante qu’elle puisse être, parviendra tôt ou tard, de façon certaine, à une forme de fin, mais c'est à peu près tout, et lorsque les conditions seront réunies, elle se manifestera à nouveau, encore et encore. Et cette répétition ne peut pas être qualifiée de bonne ou de mauvaise – elle est, tout simplement.

Du point de vue samsarique ou conceptuel, ce même processus est perçu comme quelque chose de négatif, et ceux qui ont compris le nirvana, ceux qui sont éveillés, regardent la même chose et la voient comme beauté. C'est la différence. Il s’agit juste d’une question de perspective.

À la fin de chaque session de méditation, une fois que nous avons tout dissous et que nous demeurons dans cet état de lucidité, nous nous envisageons à nouveau comme Tchenrezi. C'est donc comme planter une graine pour le bien de tous les êtres sensibles, de sorte que, s'il y avait à nouveau une activité, nous serions toujours là. Il n'y a donc pas de véritable fin, pas de fin définitive – c'est ainsi que cela semble être.

Puis nous nous méditons encore une fois comme Tchenrezi, pendant un instant, pendant un moment, et ensuite nous reprenons nos rituels quotidiens, aussi insignifiants que nous les considérions – nous retournons manger, marcher, dormir, nous lever, et le même processus se reproduit encore et encore ; peu importe qu’il soit mondain ou non, tant que nous avons appris ce courage appelé compassion, alors tout est pur.

Cela dit, j'aimerais que chacun d’entre nous dédie tout ce mérite aux êtres sensibles.


En conclusion, Karmapa a une fois de plus exprimé sa gratitude envers lama Ole et son activité, et a donné quelques conseils essentiels aux étudiants sur la façon de se relier au maître spirituel :


Si nous cherchons aux quatre coins du monde, nous ne trouverons pas un maître comme lui. Il s’agit de votre mérite, chérissez-le donc au mieux, et comme nous le savons, le Bouddha a toujours dit que pour chérir correctement le maître, il ne faut pas se concentrer sur la personne, mais sur sa pratique, sur son essence. C'est donc quelque chose sur quoi il faut vraiment se concentrer, et si vous le faites, peu importe où vous vous tournerez, le maître sera toujours là. J'aimerais donc vous le rappeler à tous. Et comme je l'ai dit, je suis sûr que nous nous reverrons très bientôt.


Le soir, s’est tenu un dîner d'adieu avec lama Ole, son équipe et quelques invités. Ceci a conclu la visite joyeuse et de bon augure de Karmapa et Thugseyla à Europe Center.

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